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Monographies des villes et villages de France
Des livres de référence d'histoire locale

1826, "GALLARGUES-LE-MONTUEUX (Histoire de)", "Georges Rivals", "2002, réimpression de l'ouvrage paru en 1920", "Format 14 X 20. 268 pages", "32e", "", 4, "Certaines localités semblent vouées à un destin exceptionnel : cela tient sans doute, en partie à la configuration de leur site ou aux irruptions de l'histoire qui peuvent forger une mentalité collective hors du commun. C'est ce qui apparaît dans le passé de Gallargues-le-Montueux, dont les habitants firent preuve de courage et d'indépendance, en maintes occasions. Issu de la villa gallo-romaine d'un officier de Tibère, Quintus Statius Gallus, qui devint, en raison de l'afflux de riverains d'Ambrussum, une véritable bourgade, au moment des invasions des Visigoths, le village de Gallargues, enfanté ainsi dans la douleur, devint, autour de l'an mille, une grosse ferme seigneuriale, la Villa Galazanicus, dont le maître, au XIe siècle, s'appelait Rostaing, ami des hommes d'Église et fondateur de l'abbaye de Saint-Martin. La foi était grande dans le pays et des chapelles surgissaient partout, tandis que l'abbaye devenait un formidable corps monastique. Le village fut fortifié assez tôt (le Fort Viel et le Fort Neuf), mais cette châtellenie ne fut, pendant plusieurs siècles, qu'un objet de négoces pour ses seigneurs (Antoine du Caïla ou Bertrand de Gange) sans dynastie suivie. Il faudra attendre le XVIe siècle pour que la petite cité, dure à la tâche, administrée par des consuls et écrasée d'impôts, ne révèle sa véritable singularité.
En effet, la Réforme ne fut pas seulement pour elle un renouveau spirituel, mais aussi une révolte contre l'ordre (catholique) établi - Gallargues était, d'ailleurs, irrégulièrement desservi - et un élan populaire enthousiaste dont l'âme fut Barthélemy de Mandagoût, véritable maître des lieux. L'engagement des Gallarguois aux côtés des huguenots se révéla total : un pasteur leur fut envoyé de Genève, les consuls refusèrent de payer la dîme au chapitre de Nîmes pendant près de trente ans et un temple fut construit en 1611. Les révoltes se succédèrent intra-muros et en 1621 l'église fut détruite. En 1628, le duc de Montmorency parvint à s'emparer de la ville au terme d'un siège épique : la capitulation fut glorieuse, mais les répressions terribles. Pourtant, en 1653, le Conseil de la ville n'avait toujours pas payé la somme due au diocèse de Nîmes. Et après la Révocation de l'Édit de Nantes (1685), suivie d'une « conversion collective », les Gallarguois continuèrent à courir les assemblées (protestantes) des environs, risquant les galères, tandis que le camisard Cavalier défiait (et défaisait) les troupes royales à la tête de ses hommes. L'égalité des cultes ne s'établit (lentement) qu'après la Révolution : et au XIXe siècle, il y avait à Gallargues, deux instituteurs communaux protestants et un catholique. Les temps avaient changé ; mais, au fil des siècles, malgré ce bruit et cette fureur, le travail paisible des hommes avait continué : les industries (de la laine), le commerce (du tissu), la culture de la vigne et des olives.
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